Mercredi 08 Septembre 2010

Le Togo à l’épreuve du tribalisme

FAURE GNASSINGBÉ ET SES FRÈRES KABYÈ...

TOGOREVEIL | 16.04.09 | 15.16.22 · Mise à jour le : 16.04.09 | 15.14.57
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Voici le genre de position que nous évitons de prendre en notre qualité de citoyen togolais, originaire du Nord, mais tout de même des enfants du pays, en ce moment, également fouettés par les mêmes difficultés quotidiennes et surtout ouverts aux dividendes que peuvent nous apporter à tous, une gestion plus transparente des biens publics, un respect plus accru des libertés individuelles et collectives, une justice plus humaine avec à la clé des droits reconnus à qui les méritent, tout ceci facteur d’une paix forcément indispensable au développement du pays.

Voici le genre de position que nous évitons de prendre en notre qualité de citoyen togolais, originaire du Nord, mais tout de même des enfants du pays, en ce moment, également fouettés par les mêmes difficultés quotidiennes et surtout ouverts aux dividendes que peuvent nous apporter à tous, une gestion plus transparente des biens publics, un respect plus accru des libertés individuelles et collectives, une justice plus humaine avec à la clé des droits reconnus à qui les méritent, tout ceci facteur d’une paix forcément indispensable au développement du pays. Après bientôt cinquante ans de souveraineté, le Togo est encore à rechercher dans les divisions de ses fils les raisons des difficultés, qui en réalité ne sont pas propres au Togo, qui affectent le quotidien des citoyens et des Etats sous-développés, voire même les pays les plus développés.

Les médias au mauvais rôle

Depuis quelques jours, en guise de vœux de nouvel an, des togolais ont pris sur eux de lier étroitement les problèmes du pays à la gestion tribaliste de l’appareil étatique par les Présidents Eyadèma et Faure Gnassingbé. Un exercice réussi avec succès dans le seul but de faire croire à l’opinion que si tout va si mal dans notre pays c’est bien parce que les Kabyè incompétents occupent de hautes fonctions qu’ils exercent dans l’amateurisme total avec la bénédiction du Président Faure Gnassingbé qui de ce fait a raté le virage amorcé vers la réconciliation nationale. Dans l’un de ces articles publiés, on relève de manière éhontée que lors du dernier concours de recrutement, plus de 2000 kabyè ont été recrutés sur les 4000 admis dans la fonction publique. Ces derniers jours ce sont nos confères de Focus Info qui ont prouvé sur un échantillons des collaborateurs du chef de l’Etats qu’à 79,41% ceux –ci étaient originaires de sa tribu. Dans la masse et surtout au sein des populations du sud du Togo, l’idée est vite répandue que ce pays est pris en otage par les kabyè qui sont les plus nombreux dans l’armée et sans doute aujourd’hui le groupe ethnique le plus important dans l’administration. Visiblement les auteurs des articles appartiennent à des ethnies du Sud Togo, même si on note au passage que tous les togolais sont libres de penser et de s’exprimer.

Loin de dénoncer les injustices

Notre première inquiétude, avant même de contredire les chiffres avancés, est la volontaire confusion que l’on fait de la vingtaine d’ethnies du Nord qu’on assimile aux kabyè. Secundo quelle portée ont ce genre de déclarations, si ce n’est que pour balayer du revers de la main et saper tous les efforts consentis par le gouvernement actuel et le Chef de l’Etat pour faire jouer la géopolitique et assurer une représentativité à toutes les sensibilités linguistiques et culturelles de notre pays dans toutes les sphères de l’administration. Tierço, il va sans dire que la volonté d’exacerber la haine et la division est certaine. Sur la trentaine de membres du gouvernement, combien de kabyè occupent des portefeuilles ministériels ? Pas plus de quatre, et pourtant cette ethnie est le 2ème plus important groupe linguistique au Togo, de très loin devant d’autres. Au demeurant si nous concédons que les ministres ne font pas seuls l’administration, essayons un autre exercice dans les sociétés publiques et parapubliques où en trois ans le Chef de l’Etat s’est investi pour faire jouer les intérêts des différentes ethnies du Togo, du Nord au Sud. Sauf les aveugles, les observateurs ne cessent d’attirer l’attention de l’opinion sur la justice sociale que le Président Faure Gnassingbé est en train de restaurer à la tête de la totalité des services publics. Quand un directeur général est du Nord, son adjoint est forcément du Sud et vice versa. Et le Nord et le Sud ne s’entendant pas par les ethnies kabyè et Ewé. Plusieurs autres ethnies composent le Togo.

Après la transition, la revanche sonne à nouveau à nos portes Nous sommes d’autant plus écoeurés, car originaires du Nord, nous avons vécu la transition démocratique qui a amené l’opposition du Sud au pouvoir et qui n’avaient rien de mieux à faire, au cours de son plus ou moins bref passage, que de traquer et de sauter de leurs fonctions tous les hauts cadres du Nord. Aucun DG originaires des ethnies du Nord n’avait échappé à cette basse main mise sur l’administration. Si nous avons compris que c’était une erreur, nous n’avons pas compris la dernière sortie médiatique d’un leader de l’UFC qui annonçait pendant la campagne électorale pour les législatives d’Octobre 2007 que si l’UFC gagnait, elle formerait un gouvernement purement et exclusivement UFC (à coloration sudiste). Nous vous faisons grâce des détails sur les premières équipes administratives sorties des lendemains de l’indépendance avec un président qui n’avait pour intérêt que l’Ewéland.

Faure, atouts ou handicap ?

Nous sommes en Afrique et nous sommes tous conscients des difficultés non encore réglés par les Etats-Nations dans lesquels chaque ethnie ou groupe ethnique qui arrive au pouvoir cherche avant tout a reposer son autorité sur les siens prioritairement. Mais au Togo, nous avons eu cette chance d’avoir un Chef de l’Etat,né d’un amour débarrassé de tout germe tribal, donc à la fois, originaire du Nord et du Sud. Et qui plus est, dans sa volonté de réparer les torts de son défunt père qui après la ligue sudiste de la Conférence Nationale contre sa personne et ses intérêts, a dû se replier beaucoup plus sur ses frères du Nord, Faure Gnassingbé fait des gymnastiques équilibriste pour asseoir une vraie réconciliation nationale. Les choses ont été lentes peut-être, mais aujourd’hui l’on s’accorde à lui reconnaître un début de succès dans cette entreprise de reconstruction nationale par tous. A commencer par les pères de l’indépendance du Togo, jusqu’aux plus petites victimes de la période Eyadèma, on a pu constater des gestes de compassion et de réhabilitation. Sur ce terrain peu de togolais s’attendaient à une telle sagesse politique. Plusieurs chantiers de l’opposition en faveur des peuples du Sud sont déjà entamés par le Président Faure Gnassingbé et les Togolais de tous bords qui travaillent avec lui. Refuser de voir ces changements est d’une hypocrisie criarde.

Demain, les incertitudes

Certes, tout pouvoir a une fin et qui sait qu’après plus de quarante ans, le prochain Chef de l’Etat sera entièrement du Sud. Il dirigera avec ses forces et ses faiblesses, mais face à lui le problème tribal restera intact tant que nos visions de toute chose resteront Nord-Sud ou Sud-Nord. Pour que nos enfants connaissent la vraie paix sociale pour laquelle certaines personnes de bonne foi luttent encore aujourd’hui, évitons de leur montrer leurs frères du Nord ou du Sud. Apprenons leur à voir devant eux un frère ou une sœur. La Rédaction

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